Dans le miroir, clip de RãgarãJA

Dans le miroir est un clip musical de RãgarãJA, 2015. Réalisation et direction de la photographie : Maxime Fournier. Direction artistique : Maxime Descamps. Avec Meghanne Lasagna, Claire Bluteau, Eli Adem — performance danse Eli Adem « mother of shrines ». MUA : Karine Garriga.

Le clip est interdit aux mineurs. La version disponible ici est censurée.

Un propos, pas une provocation

La nudité dans ce clip n’était pas un choix esthétique gratuit. C’était une prise de position : dénoncer la façon dont les médias commercialisent le corps des femmes. Le sujet est inconfortable. L’image devait l’être aussi. Quand le propos est fort, l’image doit être à sa hauteur — pas l’adoucir.

C’est le clip de ma carrière dont je suis le plus fier. Et celui qui m’a le plus surpris moi-même.

Le lieu

Tourné dans l’église désacralisée de mon village natal. Un espace chargé, avec une architecture et une lumière propres — et une signification symbolique évidente pour un clip dont le propos touche au sacré et au profane. Comme sur Simon l’année précédente, le lieu ne se combat pas. Il se lit. Et on construit à partir de ce qu’il dit déjà.

Les choix techniques

Les moyens étaient réduits. Le résultat est allé au-delà de ce qu’on espérait.

Deux caméras pour deux registres visuels distincts. La RED pour les plans principaux — une image dense, détaillée, avec une latitude d’étalonnage importante. La Sony NEX FS700 pour les ralentis — une texture différente, plus lyrique, qui contrebalançait la brutalité des plans larges. La combinaison entre les deux donnait exactement la tension dont le clip avait besoin : brutal et lyrique, dur et sensible.

La contrainte principale du tournage n’était pas technique — elle était humaine. Une église en pierre, non chauffée, des acteurs dans des conditions difficiles. La solution : des lampes radiant infrarouge. Elles réchauffaient les corps, rendaient les conditions supportables dans la durée — et donnaient à l’image une teinte chaude et organique qu’aucun étalonnage n’aurait pu recréer après coup.

C’est une leçon que je retiens encore aujourd’hui : les meilleures solutions techniques naissent des contraintes humaines.

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