Simon est un clip musical d’Akroma, tourné le 17 mars 2014. Réalisation et direction de la photographie : Maxime Fournier. Étalonnage : Maxime Fournier.
Le coauteur du morceau est un prêtre. Le tournage a eu lieu dans son église, quelque part dans l’est de la France. Une vraie église — pas un décor loué, pas une reconstitution. Un lieu chargé, avec son architecture, sa pierre, sa lumière propre. Et ses contraintes.
Lire le décor avant de le combattre
Tourner dans un lieu comme celui-là pose une question fondamentale : est-ce qu’on cherche à contrôler l’espace, ou est-ce qu’on le lit et on construit à partir de ce qu’il dit déjà ?
Le choix fait sur ce tournage était le second. L’église avait sa propre atmosphère — une lumière filtrée, des volumes imposants, une matière visuelle rare. La trahir aurait été une erreur. L’enjeu était de comprendre ce que le lieu racontait et de construire la lumière à partir de là, pas contre.
C’est sur ce tournage que cette conviction s’est formée clairement : un décor fort ne se combat pas. Il se lit.
Trois premières techniques
Simon marque plusieurs premières dans ma pratique.
Première utilisation de la Sony F3 avec des optiques ZEISS. La combinaison entre la colorimétrie Sony et le piqué ZEISS donnait exactement ce que ce type d’univers demandait — une image dense, précise, avec du caractère sans surenchère. Un combo que j’ai adopté durablement après ce tournage.
Premier usage des LUT en étalonnage sur DaVinci Resolve. Pas comme raccourci, mais comme point de départ — construire une image cohérente entre les différentes conditions de lumière de l’église à partir d’une base commune, puis affiner plan par plan. L’église concentrait plusieurs situations d’éclairage très hétérogènes : lumière naturelle des vitraux, sources tungstène, zones d’ombre profondes. Les LUT ont permis d’établir un socle colorimétrique avant de travailler les nuances.
Premier travail conscient avec des gélatines couleur sur des projecteurs tungstène. Teinter la lumière pour qu’elle dialogue avec l’architecture, avec la pierre, avec ce que le lieu raconte déjà. Une approche qui prolonge la lecture du décor plutôt que de l’effacer.
Un tournage fondateur
Simon n’est pas un projet parmi d’autres dans ma trajectoire. C’est un de ceux où plusieurs éléments se sont mis en place simultanément — un outil, une méthode, une posture vis-à-vis des décors forts. Douze ans après, ces choix sont toujours au cœur de ma façon de travailler.







